Introduction au Haut Niveau et organisation

La réussite du projet 2016/2020 de la Direction Technique Nationale passera par le décloisonnement des tâches, des missions et la mutualisation des compétences de chacun. Le dispositif mis en place pour permettre aux athlètes de réussir sera adaptable et évolutif en fonction du potentiel des athlètes et des progrès au fil du temps.


Les points de passage obligés du projet seront:

Le passage d’une stratégie basée sur le fonctionnement de structures (pôles et centres d’entraînement) à un fonctionnement centré sur l’individu (organisé sur l’excellence, donc favorisant le passage efficace des étapes selon les progrès du sportif). Il est important de rechercher un meilleur équilibre dans la relation du couple entraîneur/ entraîné selon les besoins et selon les moments de la progression et de la carrière.

Le passage d’une politique de centralisation (Pôle) à une stratégie d’intégration (création d’un réseau, clubs, pôles et d’outils, d’actions mutualisées avec les ligues et les comités) qui permet de construire des parcours pour les athlètes.

Le passage d’une stratégie basée sur les âges à une stratégie plus marquée sur le niveau des joueurs et joueuses (chacun va à son rythme). Créer l’émulation, la combativité et la différence (lutter contre une formation uniformisée).

Une politique volontariste et englobante de formation de jeunes joueuses, d’accompagnement vers le haut niveau, et d’aide à la reconversion sera mise en place. Clubs concernés et/ou comités et/ou ligues seront associés autour d’un pôle de cadres techniques et experts.

L’équipe de France, hommes et femmes

Dans son organisation, l’Equipe de France doit se tourner vers un système que l’on pourrait considérer comme « privatisé ». Un patron ou une patronne des équipes de France est nommé, des moyens lui sont donnés, il constitue son staff, des résultats lui sont demandés, une convention entre l’Equipe de France et la FFTT se met en place.

En pratiquant ainsi, nous professionnalisons encore plus le secteur du haut-niveau. Nous entrons ainsi dans la logique de certaines disciplines, avec un côté amateur et un côté professionnel.

L’INSEP et les centres d’entraînement

Si nous voulons faire revenir à l’INSEP les meilleurs joueurs et joueuses, il faut réformer en profondeur notre parcours d’excellence. L’essentiel n’est pas de faire réussir le système mais bien les personnes. Faire progresser chaque athlète avec :

  • le meilleur encadrement qui se consacre à plein-temps, voire plus, à sa mission, à son métier.

  • une ouverture régulière vers les meilleurs joueurs étrangers et vers les meilleures nations et clubs étrangers ;

  • un partenariat avec certains clubs de PRO A et PRO B.

  • de nombreuses passerelles avec les pôles France jeunes.

  • des parcours différents pour chacun des joueurs et des joueuses.

  • un accompagnement efficace des joueurs « différents ». Savoir gérer les cas atypiques.

Depuis plusieurs années, il existe d’autres centres d’entraînement compétitifs en Europe et ailleurs. Les athlètes savent comparer… et choisir. De plus, le système économique actuel et la multiplication des compétitions, nationales et internationales, ne permettent plus un fonctionnement de nos structures comme par le passé. Les athlètes sont aujourd’hui devenus des « nomades ».

L’INSEP doit proposer aux athlètes des parcours différents. Du centre permanent à la plate-forme où l’on vient se ressourcer ou se préparer. Selon les athlètes, le volume d’entraînement, les contenus seront différents. Le travail physique sera adapté et personnel. Les partenaires d’entraînement seront variés, etc…

La DTN peut encourager aussi les initiatives individuelles. Jouer et s’entraîner à l’étranger ou dans un club en France.

Nous devons arrêter de penser que notre structure nationale est la réponse à toutes les interrogations et à tous nos problèmes.

Arriver aussi, pour les athlètes, à tirer bénéfice du championnat de France de ProA et de ProB. Nous avons la chance d’avoir aujourd’hui un des meilleurs championnat européen. C’est assurément un plus indéniable dans la formation et la progression de nos athlètes. Il est non seulement concevable mais nécessaire, en bonne intelligence, de se rapprocher de certains de ces clubs pour construire avec eux un modèle de performance.

Enfin, s’il est logique et censé de regarder ce qui se fait de mieux à l’étranger, il est souvent préférable de développer sa propre stratégie et que nos pratiques ne soient pas uniquement calquées sur les meilleures nations mais bien au contraire, adaptées à nos points forts et à nos caractéristiques. Sachons avant tout nous adapter aux spécificités de nos joueurs et joueuses.

L’entraînement à la française

Les fondamentaux de cette démarche sont :

Les individus – joueurs et entraîneurs- sont plus importants que la structure ;

C’est le niveau des athlètes qui guide la démarche et non pas systématiquement l’âge ;

En relation avec l’athlète et son environnement, il faut savoir construire des parcours différents ;

Il faut proposer en alternance, des séances collectives avec des objectifs individuels (profiter de la dynamique du groupe pour développer des objectifs individuels) et des séances plus individuelles, plus personnelles, plus fines, type : panier de balles, leçon individuelle (l’entraîneur et le joueur) ;

Il est nécessaire de proposer aussi un entraînement physique personnel, évolutif et adapté ;

À l’INSEP, progressivement mais rapidement, la compétition est au centre de l’entraînement. C’est un formidable accélérateur de la formation. Urgent de mieux sérier le calendrier des compétitions afin de le rentabiliser ;

Le système fédéral doit proposer des outils et des parcours mais il ne doit plus imposer. Des entretiens et des évaluations doivent être organisés avec les athlètes. L’athlète est partie prenante de son projet.

La collaboration avec les clubs de PRO A et Pro B

Il est indispensable aujourd’hui de mettre en place un groupe de réflexion afin d’étudier la manière de servir ensemble les intérêts du championnat de PRO A et PRO B, du Haut Niveau et de l’équipe de France. Le championnat (modèle sportif et économique) tel qu’il existe aujourd’hui est à rediscuter chez les garçons et les filles…

L’encadrement et la formation continue des entraîneurs

Les orientations à prendre sont :

Que les entraîneurs se forment tout au long de leur carrière

Que les entraineurs en activité exercent pleinement leur mission dévolue à l’encadrement des athlètes

Que la Direction Technique Nationale aide à la transmission des connaissances : entre les joueurs et entraîneurs français qui ont réussi une belle carrière à l’international ou en France. Il ne faut pas que ces connaissances et cette compétence se perdent.

Qu’un colloque des cadres techniques qui entraînent au quotidien soit mis en place à chaque fois que nécessaire afin de donner consignes technico-tactiques et orientations d’entraînement.

Les équipes de France jeunes

Pour ces groupes de pongistes, le suivi s’effectue en pôles pour la majorité mais aussi en clubs pour d’autres, avec l’organisation régulière de stages nationaux.

Par ailleurs, ce système reste ouvert afin d’intégrer éventuellement des athlètes présentant des parcours différents.

Il faut prendre en compte aussi les spécificités évoquées pour la différenciation des Parcours Masculins et Féminins. Des modèles distincts doivent être établis.

La détection

Le programme détection qui a démontré son efficacité doit perdurer. Notamment le principe de sélection de l’entraîneur du club en même temps que son joueur ou sa joueuse. Cela a permis de créer une vraie dynamique. Ce programme détection doit cependant, compte-tenu du très jeune âge des participants ( en moyenne 7 à 11 ans), évoluer et être vigilant sur un certain nombre de points :

  • Pas trop de compétitions
  • Privilégier le jeu, la variété et l’apprentissage des techniques. Le plaisir d’apprendre doit être au centre des préoccupations de nos entraîneurs.
  • Les périodes de récupération au cœur de l’entraînement.

L’autre évolution concerne aussi notre état d’esprit et les attitudes qui en découlent :

  • Accepter que tous les joueurs n’avancent pas à la même vitesse.
  • Construire des passerelles afin d’intégrer facilement et à n’importe quel moment des joueurs qui auraient été oubliés et/ou qui n’étaient pas encore prêts au moment des tests de sélection.
  • Placer sur la même ligne pour les sélections internationales, les athlètes appartenant ou pas à des structures nationales.

Le rôle du « patron ou de la patronne » des équipes de France sera aussi de faciliter les échanges et la collaboration entre les différents étages de la formation… Du club à l’Insep et/ou à l’étranger.

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