Le scrutin par liste est apparu en 2012 dans le paysage pongiste français. Il faut rappeler que lors des élections précédentes, c’est le scrutin plurinominal à 1 tour qui prévalait : on publiait une liste de candidats ( 30 à 45 selon les olympiades) sans aucune notion de hiérarchie. Les délégués devaient rayer des noms le cas échéant afin de n’avoir qu’au plus 27 noms sur leur bulletin, et les 27 personnes qui avaient le plus de voix étaient élues. Le président était choisi au sein des membres du comité directeur élu, et l’Assemblée Générale validait (ou pas) ce choix.

Le scrutin par liste de la FFTT

elections-graphic-handsLe scrutin par liste est assez particulier: il est présenté comme ceci dans les Règlement généraux – statuts – titre III – article 11 (page 5 de la version de Juillet 2016 en ligne à l’adresse suivante : http://www.fftt.com/site/medias/shares_files/reglements-generaux-juillet-2016-1439.pdf)

« Les membres du Comité directeur sont élus pour une durée de quatre ans au scrutin de liste bloquée à un tour à la répartition proportionnelle suivant la règle de la plus forte moyenne dont les modalités sont précisées dans le règlement intérieur »

Le règlement intérieur prévoit ceci :

5.2.1 – Les membres du Comité directeur sont élus au scrutin de liste à un tour, avec dépôt de listes comportant 27 candidats, sans adjonction ni suppression de noms et sans modification de l’ordre de présentation. Les sièges sont attribués aux candidats dans l’ordre de présentation sur chaque liste.

5.2.2 – Les listes qui n’ont pas obtenu au moins 10% des suffrages exprimés ne sont pas admises à la répartition des sièges. Si aucune liste n’a atteint ce pourcentage, il est procédé à de nouvelles élections.

5.2.3 – Il est attribué plus de la moitié des sièges, soit 14 sièges à la liste qui a obtenu le plus de voix. En cas d’égalité de suffrages entre les listes arrivées en tête, ces sièges sont attribués à la liste dont les candidats ont la moyenne d’âge la moins élevée.

5.2.4 – Cette attribution opérée, les 13 sièges restants sont répartis entre toutes les listes à la représentation proportionnelle suivant la règle de la plus forte moyenne. Si plusieurs listes ont la même moyenne pour l’attribution d’un siège, celui-ci revient à la liste qui a obtenu le plus grand nombre des suffrages. En cas d’égalité de suffrages, le siège est attribué au plus jeune des candidats susceptibles d’être proclamés élus.

Attention, avec le projet de nouvelle gouvernance, et si les statuts sont votés, le nombre de sièges réservés aux membres élus du comité directeur sera réduit à 24.

Pourquoi a-t-on mis un tel scrutin en place ?

Le scrutin plurinominal comportait un biais : on ne savait pas qui allait être élu, ni donc quelles seraient les missions qui pourraient être confiées, et il était difficile de réunir une majorité pour voter les décisions sur des sujets sensibles. Il n’y avait pas ou peu de cohésion puisque chacun « roulait » pour sa propre ré-élection. L’olympiade 2008/2012 a connu son lot de motions de censure à l’occasion desquelles des membres du comité directeur ont essayé de renverser le président. S’en est suivie une volonté ministérielle de stabiliser les fédérations et nous voilà dans un système de liste qui fait foi aujourd’hui.

Premiers résultats / Premières analyses:

Lors des élections de 2012, une seule liste a été présentée. Cela pouvait être prévisible car dans aucune élection de l’ère moderne de la FFTT (post année 1988 lors du passage du tennis de table en sport olympique), il n’y a eu 54 candidats lors d’un scrutin plurinominal, et donc à aucun moment 2 listes n’auraient pu mathématiquement se constituer.

Cette situation a permis à une équipe soudée d’arriver aux commandes de la FFTT et de pouvoir mettre en œuvre, sans opposition apparente en son sein, son projet politique. Les personnes nouvelles qui étaient entrées sur cette liste, et qui étaient en désaccord avec la politique menée, se sont rapidement désolidarisées en démissionnant, certains ne souhaitant pas confondre compromis et compromissions.

C’est donc avec le champ libre que la direction de la FFTT a pu, sur l’olympiade 2012/2016, mener ses actions, et il faut le reconnaître, avec certaines réussites : mise en place des licences événementielles, ouverture des API, gros progrès dans la communication (nouveau site internet, plus de visibilité).

Le bilan est-il pour autant globalement positif ?

Il y a bien d’autres aspects qui peuvent être considérés comme beaucoup plus négatifs : relations Fédé / grands clubs ( Pro A / Pro B ), relations techniciens/politiques, avec éviction de cadres réputés compétents effectuée dans des conditions qui peuvent s’avérer fortement contestables. Mais là n’est pas l’objet de cet article…

Pourquoi favoriser la pluralité de listes aux élections de la FFTT ?

La problématique que soulève l’unicité de liste réside, de fait, dans le manque de débat démocratique :

Être seuls candidats, et sans opposition, induit l’absence de confrontation des idées et des orientations à impulser pour l’avenir du tennis de table en France. Il y a pourtant des choix importants à (re)faire et de nombreuses innovations à apporter.

Être seuls candidats, et sans opposition, ne permet pas aux personnes de prendre position, de manière claire, sur un ensemble de questions puisqu’il n’y a pas de contradicteurs ou de dénonciateurs de « dérives » pouvant s’exprimer objectivement et librement. A quoi bon alors exprimer ses idées, si l’on se voit reprocher par la suite d’avoir des positions contraires à la « pensée commune » du Comité directeur ?

Être seuls candidats, et sans opposition, fait qu’il n’y a aucune vigilance concernant la mise en œuvre des promesses de campagne, ni aucune évaluation objective des résultats obtenus. En clair, une fois élue, la gouvernance fait ce qu’elle veut!

Être seuls candidats, et sans opposition, permet d’entretenir un climat délétère où la peur et les pressions sont constamment de mise, et où les « petits arrangements particuliers » peuvent devenir légion…

Être seuls candidats, et sans opposition, fait qu’il n’y a pas de réelle « légitimité » : le vote pour une seule liste pourra être perçu comme un vote par défaut, faute d’alternative. Cette situation affaiblit la représentativité de la FFTT auprès de ses instances de tutelle, en ne favorisant pas des initiatives dignes d’un réel dynamisme démocratique.

Pour toutes ces raisons, il ne nous parait pas souhaitable qu’il n’y ait à nouveau une seule liste aux prochaines élections de Mars 2017. Nous soutenons l’idée d’une pluralité de listes.

Au delà des clivages politiques, il nous parait indispensable que chacun puisse se positionner sur cette question : selon vous, faut-il oui ou non permettre l’avènement d’au moins 2 listes aux prochaines élections ?

La réforme de la gouvernance rendra les choses encore plus difficiles avec la nécessaire représentation de 25 % de chaque sexe (soit pour nous, 25 % minimum de femmes au sein du conseil fédéral) : Cela suppose de trouver des représentantes féminines à la fois compétentes et potentiellement suffisamment disponibles pour occuper ce type de mandats et désireuses de s’impliquer.

Si vous pensez, comme nous, que c’est un point essentiel au processus démocratique interne de la FFTT, nous vous invitons à œuvrer, dès à présent, dans ce sens au niveau de vos instances départementales et régionales pour connaitre leurs opinions et les interroger sur ce qu’ils envisagent de proposer pour favoriser le débat.

Des initiatives sporadiques se font jour et nous sommes persuadés qu’avec un peu de rassemblement et de pragmatisme, il est d’ores et déjà possible de faire émerger une pluralité d’opinions en vue des élections de Mars 2017.

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